Penser et construire l’éducation au numérique Qui sont les nouveaux adhérents et membres du conseil collégial de Class’Code ?

Orientation, éducation populaire, innovation pédagogique, engagement des jeunes, création de ressources... Avec l’arrivée récente de six nouveaux adhérents et de trois nouveaux membres au sein du conseil collégial, Class’Code se renforce autour d’une conviction commune : l’éducation au numérique mérite d’être portée collectivement. Focus sur ces nouveaux partenaires et sur leur vision du numérique dans les dix années à venir.

Nouveaux adhérents : six façons d’agir sur le terrain


Derrière la diversité des partenaires qui rejoignent Class’Code (associations, fédérations, entreprises de l’ESS, acteurs de terrain ou de la pédagogie) se dessine une ambition partagée : aider chacun à comprendre, pratiquer et questionner le numérique.

JobIRL : ouvrir les possibles, rendre les métiers accessibles


Association engagée pour l’égalité des chances, JobIRL accompagne les 12-30 ans dans leur orientation et leur insertion professionnelle en les connectant directement avec des professionnels. Grâce à sa plateforme, qui rassemble 180 000 membres actifs, son programme de mentorat et ses actions menées dans les quartiers prioritaires et les zones rurales, elle permet à des milliers de jeunes de découvrir des métiers, de mieux comprendre les codes du travail et de se projeter dans l’avenir.


Si l’association rejoint aujourd’hui le réseau, c’est dans le prolongement d’un partenariat déjà engagé autour des Intrépides de la Tech. L’objectif : aller plus loin dans la sensibilisation aux métiers d’avenir, en particulier les métiers du numérique, et dialoguer avec d’autres acteurs mobilisés sur les questions de mixité et de justice sociale.


Pour JobIRL, l’évolution à venir est nette : dans dix ans, le numérique sera partout. Les métiers seront de plus en plus hybrides, et les compétences digitales deviendront transversales. La priorité sera donc de permettre à tous les jeunes, quels que soient leur milieu ou leur parcours, d’y trouver leur place.

Aroeven : relier école, éducation populaire et innovation pédagogique


Fédération d’éducation populaire reconnue complémentaire de l’école, Aroeven agit depuis plus de 70 ans sur des sujets aussi essentiels que la citoyenneté, le climat scolaire, la lutte contre le harcèlement, la formation à l’animation ou encore la recherche-action en pédagogie. Présente à travers 22 associations en métropole, elle fait dialoguer expertise de terrain et réflexion éducative.


Son intérêt pour le réseau est né d’une réflexion très concrète : comment accompagner ses professionnels dans leurs usages de l’intelligence artificielle et, plus largement, dans l’évolution des pratiques éducatives liées au numérique ? Elle a trouvé dans le réseau un interlocuteur cohérent avec ses valeurs et déjà mobilisé sur la production de ressources et la formation. Une collaboration est d’ailleurs engagée pour créer ses propres outils.


À l’horizon des dix prochaines années, Aroeven voit une montée en puissance inévitable de l’IA, mais alerte aussi sur un risque majeur : l’élargissement de la fracture numérique. Pour la fédération, le défi sera d’éviter qu’une partie de la population maîtrise ces nouveaux outils tandis qu’une autre en reste durablement éloignée.

Toxicode : faire du code une porte d’entrée vers la compréhension du monde

Avec sa plateforme Explorers, Toxicode propose une autre manière d’entrer dans la programmation : par l’exploration, le jeu et l’expérimentation. Son outil gratuit permet aux enfants dès 10 ans, mais aussi aux adultes, de découvrir le code à travers des défis autour du son, de la géométrie ou de la physique. Utilisée aussi bien dans l’Éducation nationale que par France Travail, la plateforme s’adresse à des publics variés, du débutant au développeur confirmé.

Déjà présente dans le réseau il y a quelques années, l’entreprise revient avec l’envie de retrouver un esprit de communauté, de renforcer ses contacts et de mieux faire connaître ses outils. Une démarche qui correspond bien à sa vision d’une pédagogie ouverte, collaborative et tournée vers l’autonomie.

Pour son fondateur, l’essor de l’IA peut aussi devenir une chance : celle de provoquer un sursaut dans le monde éducatif. Repenser la manière d’enseigner, remettre l’esprit critique au centre, encourager les savoirs participatifs : autant de pistes qu’il appelle de ses vœux.

Magic Makers : apprendre à coder pour apprendre à créer


Chez Magic Makers, la philosophie est simple : les enfants et les adolescents doivent pouvoir passer de l’autre côté de l’écran. L’association leur propose des stages et des ateliers pour apprendre à coder de manière créative : concevoir un jeu vidéo, programmer un robot, imaginer une application... Notamment dans les écoles, les MJC ou le périscolaire.

Son retour dans le réseau s’explique autant par la fidélité à une histoire commune que par la volonté de faire écosystème. Dans un contexte où les enjeux éducatifs liés au numérique prennent de l’ampleur, l’association affirme son envie de coopérer, de partager et de contribuer activement à une dynamique collective.

Pour Magic Makers, l’éducation au numérique va nécessairement prendre plus de place dans tous les espaces éducatifs dans les prochaines années. Mais cette montée en puissance ne pourra se faire sans un autre acteur clé : les parents, qu’il faut associer dès maintenant à ces transformations.

Coll.in : lutter contre les discrimination liées au numérique

Coll.in a pour objectif de fédérer les structures et les acteurs de l'inclusion numérique en Occitanie. Sa finalité : lutter contre les discriminations et les exclusions causées par le développement de l'usage numérique. Par l'accompagnement et la formation des acteurs, l’association contribue à un numérique responsable, inclusif et solidaire.


Si elle produit elle-même des ressources libres gratuites, elle compte aussi parmi ses adhérents, de nombreuses structures qui travaillent sur les questions d'éducation au numérique. Cela tombait donc sous le sens de rejoindre la dynamique de maillage partenarial et de co-construction de Class’Code.


Depuis la crise sanitaire, l’équipe s’est rendue compte que l'inclusion numérique était une forme d'insertion dans notre société et qu'elle nécessitait un cheminement et un accompagnement. Pour Coll.in, dans 10 ans, citoyens et citoyennes, structures et territoires devront toujours développer des instances de proximité pour développer leur résilience et faire face à l'avancée des progrès technologiques.

UNIS-CITÉ : mobiliser les jeunes autour de l’interêt général

Unis-Cité mobilise les 16-25 ans en collectif sur des missions d'intérêt général avec un vrai brassage socio-culturel. Durant 6 mois minimum, les jeunes bénéficient d'un accompagnement renforcé : formation à la mission, formation civique et citoyenne et réflexion sur leur projet d'avenir. L'association est présente sur cent territoires en France métropolitaine et à la Réunion.


Il y a quelques années, elle portrait le programme national “Jeune citoyens du numérique”. Si le sujet n’est plus dans ses priorités opérationnelles faute de financement, l’équipe reste convaincue de l'importance du sujet et souhaitait, en adhérant à Class’Code, marquer son soutien à cette cause.


Pour Unis’cité, le développement des IA constitue un véritable enjeu : faire comprendre à tous les jeunes son impact sur les sujets de citoyenneté, sur l'environnement, sur leur santé mentale et sur leur propre développement cognitif. Dans ce cadre, l’association considère que l'éducation populaire a beaucoup à apporter, et que le sujet doit sortir de l'expertise pour être partagé au plus grand nombre. 

Conseil collégial : renforcer la dynamique collective


Au-delà des nouvelles adhésions, le réseau se structure aussi dans sa gouvernance. Avec l’arrivée de Léo Lagrange, Tralalere et Latitudes au sein du conseil collégial, c’est une diversité d’expériences et de regards qui viennent nourrir le projet commun.

Léo Lagrange : faire entrer pleinement le numérique dans l’éducation populaire


Acteur historique de l’éducation populaire, la Fédération Léo Lagrange agit autour de trois grands champs : l’animation, la formation et la petite enfance. Sa mission est claire : contribuer à l’émancipation individuelle et collective et lutter contre les inégalités, en s’adressant à des publics de tous âges, en France comme à l’international.


Son entrée au conseil collégial s’inscrit dans un travail engagé depuis plusieurs années pour renforcer les dimensions “STIM” (Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques) et éducation au numérique dans ses actions. Après plusieurs collaborations avec le réseau sur des appels à projets, la fédération a souhaité aller plus loin, notamment sur la formation des animateurs. Rejoindre le conseil collégial lui permet de consolider cette orientation tout en s’appuyant sur un collectif reconnu.


À ses yeux, l’éducation au numérique deviendra de plus en plus centrale dans les années à venir. Les enfants et les jeunes auront besoin de repères pour comprendre les IA, l’accès à l’information, les effets du cyberharcèlement ou encore les impacts du numérique sur la santé mentale. Cela suppose de former les professionnels éducatifs afin qu’ils puissent accompagner ces évolutions.

Tralalere : créer des ressources pour faire grandir des citoyens éclairés


Entreprise de l’ESS reconnue dans l’univers de l’EdTech, Tralalere conçoit depuis de nombreuses années des ressources numériques éducatives à destination des jeunes, des éducateurs et des familles. Elle pilote notamment “Internet sans crainte”, programme national d’éducation au numérique, mais aussi d’autres initiatives comme “Citizen Code”, “Citizen IA”, “Faminum” ou “Stop la violence”. Elle est également à l’origine de la série Vince et Lou, qui aborde avec pédagogie des sujets comme le harcèlement ou la laïcité.


Sa présence au conseil collégial tient à une conviction simple : on est plus forts à plusieurs. Le réseau lui apparaît comme un espace de coopération concret, capable de fédérer les énergies, de favoriser les échanges et de faire vivre des temps communs autour d’événements comme la Code Week ou la Semaine du numérique.


Pour Tralalere, l’horizon est celui d’une société où les jeunes ne subissent pas le numérique mais s’en servent pour agir positivement. Une société aussi où les adultes, enseignants comme parents, disposent des mêmes clés de compréhension que les plus jeunes. 

Latitudes : faire du numérique un sujet de compréhension et de choix


L’association Latitudes défend une approche critique du numérique. Avec 17 salariés et 700 bénévoles actifs partout en France, elle agit auprès de publics de tous âges pour aider chacun à comprendre ce qui se joue derrière les usages numériques et à prendre des décisions éclairées. Elle intervient dans les collèges, les lycées, l’enseignement supérieur et propose aussi de la formation continue pour les acteurs de l’ESS et les citoyens.


Rejoindre le conseil collégial répond à une logique fidèle à ses valeurs : agir en collectif. Class’Code représente pour Latitudes à la fois un maillage territorial, un espace de coopération avec des structures déjà engagées sur le terrain et un moyen de diffuser plus largement ses outils, y compris dans des cadres institutionnels comme les académies ou l’Éducation nationale.


Dans dix ans, l’association espère voir émerger une éducation au numérique véritablement émancipatrice : une éducation qui pousse les élèves à regarder sous la surface, à interroger les usages, à ne pas simplement consommer les technologies. Car si les outils changent vite, l’esprit critique, lui, restera indispensable.

Ce que disent ces engagementsÀ travers ces nouvelles adhésions et ces entrées au conseil collégial, plusieurs priorités ressortent nettement :

  • Former les professionnels de l’éducation, de l’animation et de l’accompagnement,
  • Outiller les jeunes, les familles et les éducateurs face aux transformations du numérique,
  • Développer l’esprit critique dans un contexte marqué par l’essor de l’IA,
  • Lutter contre les inégalités d’accès, de compréhension et de projection,
  • Faire réseau pour mutualiser les ressources, les expériences et les capacités d’action.


À l’heure où les usages se transforment rapidement, où l’intelligence artificielle recompose les repères et où les inégalités risquent de se creuser, l’arrivée de ces nouveaux partenaires renforce une idée essentielle : l’éducation au numérique doit être pensée collectivement. Vous souhaitez adhérer à votre tour ? Rejoignez-nous !